mercredi 15 avril 2009

FestiRara de Petit-Goave : Qui a réellement gagné ?

Auteur: Stevens Valery NELSON


Le 09 avril 2009, le festirara de Petit-Goâve s’est déroulé dans une ambiance surchauffée avec la participation de 6 bandes de rara : Chenn tamaren, Ògèy, Lanbi gran dlo, Saint André, Soul Rasta et Saint Jacques. L’enjeu est de taille : quelle bande va mieux performer cette année ? Qui va gagner entre les bandes rivales, Lanbi ou Chenn tamaren?

Devant le Night Club de la Cité soulouquoise, une longue queue est constituée pour atteindre l’intérieur du Louko Night Club. Plusieurs groupes de personnes portent avec fierté les couleurs de leur bande préférée. « Nou pral bat yo ankò ane sa », déclare une dame en vert et blanc, fan de Chenn Tamaren faisant référence au groupe rival Lanbi Gran dlo.

A l’intérieur, des milliers de personnes attendent avec impatience le premier son, buvant de la bière, du rhum et du tafia. N’importe quel groupe populaire de la musique haïtienne ne peut remplir ce grand Club, comme il l’est ce soir du jeudi saint.

A Petit-Goâve, la question des raras est une affaire de localités : Chenn Tamaren vient de Petite Guinée, Lanbi Gran dlo, de l’Acul et Ogèy, de la Hatte. Les habitants se positionnent avec un grand fanatisme sur ce sujet.

Ce festival entend placer les affrontements au niveau de la musique et de l’innovation. Autrefois, les rivalités entre bandes se transformaient en violentes confrontations. Le dernier affrontement était survenu entre Ogèy et Chenn tamaren en 2006 provoquant des problèmes entre les Petits-Goâviens. Certains habitants de La Hatte ne pouvaient plus se rendre à Petite Guinnée et vice-versa.

« Si autrefois, les bandes de rara jouissaient d’une mauvaise réputation à cause des affrontements souvent mortels entre les groupes rivaux, depuis deux ans le festival rara met fin à cet état de fait. Tout le monde y participe désormais. Je déclare ouvert le deuxième festival », affirme à 11h00 du soir Montigène Sincère avec son « chapo balèn , président de l’association organisatrice du festival.

Après les propos d’ouverture de Montigène Sincère, le Maitre de Cérémonie (MC) de la soirée, Brice Cleevens vient enflammer le club en demandant aux fans de chaque bande de lever leurs mains. « Chaque groupe jouera deux morceaux à cause du retard enregistré avant le démarrage », avertit le MC avant de laisser le podium aux musiciens de Saint André.

Plus de trente personnes remplissent le podium, la chaleur monte et le public s’impatiente d’entendre les premiers sons de Saint André. Après quelques tests de sonorisation, sous la pression des organisateurs, Saint-André joue ces deux morceaux sous les applaudissements des festivaliers. Vient ensuite Soul Rasta, puis Saint Jaques, les moins appréciés du public. « Ces groupes sont nouveaux, ils ne me plaisent pas énormément. J’attends Lambi », avance un sexagénaire pou justifier son indifférence.

Quand Brice demande à Ogèy de gravir le podium, le club est enflammé, la chanson de cette bande est, dit-on, la plus populaire cette année. Tout le monde se met à chanter et à danser tout au long de la prestation orchestrée par Ogèy.

Enfin, le moment tant attendu : les prestations de Lanbi et de Tamaren. 2h du matin, Chenn Tamaren exécute ses deux morceaux avec l’aide d’un chanteur connu de la ville : David B. « O! O!, A pa li kite gwoup konpa, l al chante nan rara », ironise une dame en jaune, fan de lanbi Gran Dlo. Après l’exécution de debranche et de Tamaren mèt beton, Chenn Tameren laisse le club avec des dizaines de personnes en vert et blanc pour ne pas assister à la prestation de Lanbi.

Malgré l’absence de Chenn Tamaren et ses sympathisants, le club est loin d’être vide. A 2h45, Lanbi arrive avec des musiciens en uniforme et des lumières et commence à jouer le morceau fétiche: Nan Mawo n prale. Une foule en liesse répond aux notes de la bande. Une communion parfaite et une communication excellente existent entre les chanteurs et les participants.

Le festival terminé, chaque groupe réclame la première place. A La Hatte, ògèy était meilleur, à Petite Guinée, Chenn Tamaren a écrasé tout sur son passage, pour les habitants de l’Acul, ce festival n’a qu’un maître : Lanbi gran dlo. Les organisateurs sont sortis satisfaits. « Nous avons rempli ce grand espace et réussi à mettre fin aux violentes confrontations entre bandes de rara rivales », a déclaré Tataille James, un des organisateurs du festival.

Dans cette situation, n’est-il pas difficile de savoir qui a réellement gagné?

3 commentaires:

  1. Excellent article!
    Description claire, vivante et épurée du festival.

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  2. Merci pour cet article il et rare d'entendre parler de rara. J'ai hâte de pouvoir entendre la musique d'Ogèy!

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  3. Superbe Baby
    J'apprecie reellement ton article

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